L’ANTISEMITISME PAIEN...(prémière partie)
Parlons de l’antisémitisme dans l’antiquité paienne dont l’histoire est complètement occultée des manuels scolaires.
On va pouvoir y distinguer le préjugé antijuif de l’antisémitisme proprement dit et ainsi pouvoir annuler 3 préjugés fréquents colportés par les historiens catholiques :
1:l’antisémitisme est un état d’esprit de beaucoup antérieur au christianisme et dont celui ci n’est nullement responsable bien qu’il ait pu contribuer à le renforcer.
2:c’est une question économique avant tout.
3:c’est une universalité temporelle et spatiale.
Commençons par le 2ème millénaire de l’ère chrétienne
La Persécution d’Egypte et l’exode(1250 avJC)
Le plus ancien document ou Israel est mentionné est la stèle du pharaon Meneptha,fils de Ramsés 2( découverte en 1896 et datée d’environ 1220 av JC).Le pharaon s’y vante d’avoir vaincu, parmi d’autres peuples,un peuple Israêlou qui vivait donc hors d’Egypte, soit en Palestine,soit à l’état nomade aux confins de la Palestine.
Reste la Bible mais mêlée d’évènements légendaires et de nombreux anachronismes,n’est pas fiable historiquement parlant.
En revanche, les documents égyptiens expriment constamment l’hostilité envers les nomades asiatiques ,hostilité parvenue au paroxysme par les invasions du 2ème millénaire qui aboutirent au 17éme siècle à l’établissement d’une domination étrangère ,celle des Hyksos.Il fallut de rudes guerres d’indépendance pour rétablir un pharaon égyptien au 16 ème siècle.Les envahisseurs étaient toujours désignés comme,je cite
PREMIERS TEMPS DE LA DISPERSION
Le Problème d’ESTHER , L’affaire d’ELEPHANTINE
Au 1er Millénaire les empires se font et se défont et le royaume hébreu , à la faveur des nombreux conquérants venus de l’est ne pouvait être que précaire.Il prendra fin dés le 8ème siécle pour celui du nord(Israel) dont les 10 tributs sont disparues sans laisser de trace et au début du 6ème pour celui du sud(Juda)dont la destruction du temple par Nabuchodonosor en 587 marquera la date de la 1ére dispersion. Mais un destin hors pair va apparaître avec la nature de la diaspora car s’il existe un Israel palestinien avec Jérusalem comme capitale religieuse,la majorité du peuple Hébreu va vire à l’étranger en communautés volontairement distinctes ;Le durcissement du monothéisme et la stricte observance de la thora font glisser du plan historique au plan théologique.Ainsi l’élément inassimilable est originellement d’origine religieuse et non ethnique ;Mais si sans séparatisme il n’y a pas de survie mais prompte assimilation, il étai fatal que tôt ou tard il provoque des réactions hostiles de soupçons,de calomnies et de haine et que commence un climat favorable à l’antijudaisme.Mais ou ? Pas en Chaldée,au 6ème siècle ou aprés la chute de Jérusalem en 587 va naître un foyer central ou sera élaboré le Talmud de Babylone Pas non plus après la conquête perse, la meilleure preuve étant que quand CYRUS 2 LE GRAND accorde la liberté de rentrer au pays ,la majorité restera et on ne relèvera aucune marque d’hostilité pendant 5 à 6 siècles. C’est vers 410 en Egypte, alors sous la domination perse , l’affaire de la colonie juive militaire d’Eléphantine, connue par des papyrus en araméen. Installés depuis le 8ème siècle,les colons furent autorisés à élever un temple à Yahvé,qui était proche d’un temple égyptien. Les prêtes égyptiens fomentèrent une émeute contre les juifs qui fût sévèrement réprimée par les satrapes perses.En effet en immolant des agneaux et des chevreaux sur l’autel de Yahvé ils étaient de véritables déicides aux yeux des 2gyptiens adorateurs du dieu bélier ; S’ajoutait à cela l’éternel antisémitisme asiatique ,au sens propre,exacerbé à cette époque sous la Domination de Darius2d’autant plus que les ,eux, restaient loyaux envers Darius2 ; Ils furent donc victimes de leur loyalisme. ISRAEL DEVANT LE MONDE GREC PREMIERES TRACES D’ANTISEMITISME Du cinquième au troisième siècle, Israel subira comme tous les autres peuples la tentation de l’hellénisme. En une génération la diaspora parle et écrit grec. Ainsi se fera la traduction de la Thora, du troisième au deuxième siècle, dite la Bible des Septante. Mais cette confrontation de l’hellénisme et du judaisme ne se fera pas sans heurts. En 168, survient la première grande persécution religieuse ordonnée par Antioche 4 Epiphane. Après la mise à sac du temple, les judéens sont massacrés, déportés ; la religion et ses rites, interdits. Finalement, après 25 ans d’une guerre d’indépendance, qui pour Israel sera une guerre sainte, la Judée redevient un état libre sous la dynastie Maccabéenne, en 140 avant JC, puis Hasmonéenne en 134. C’est l’époque enfièvrée de visions messianiques, apocalyptiques et aussi de conquêtes. ( La Galilée sera rejudaisée.) A ce prosélytisme les grecs, dans leur amour propre opposent un mépris lourd d’ignorance et d’incompréhension ; c’est la naissance de l’anti judaisme grec. A la cause religieuse s’ajoutera une jalousie fondée sur la prospérité des comptoirs tenus par la diaspora ; en exemple Alexandrie. N’oublions pas le rôle de l’intelligentsia. Flavius Josèphe nous rapporte dans son « contre Apion » tout l’argumentaire de l’antisémitisme grec. (Qui était Apion ? Un ambitieux né qui usera de l’antisémitisme comme d’un tremplin.) On en résumera quatre arguments majeurs. 1)Origine infamante Les hébreux égyptiens de race, mais lie de la population égyptienne, auraient été expulsés vers 752 av JC, au nombre de 110 000. Il donne son origine du Sabbat. Je cite< après six jours de marche ils furent atteints de tumeurs à l’aine. Pour cette raison, ils se reposèrent le septième jour et appelèrent ce jour « Sabbat », conservant le terme égyptien, car chez les égyptiens, le mal d’aine se dit « Sabbô »
2)Reproche capital de misanthropie.
C’est Moise qui l’a codifié et imposé par ses lois. Il leur a fait prêter un serment de haine . Je cite « Serment par lequel invoquant le dieu qui a fait le ciel, la terre et la mer, il jure de ne rien vouloir de bien à aucun étranger, et surtout pas aux grecs. » Puis, argument éternel pour la légitimité des persécutions « n’est-ce pas la preuve qu’ils ne savent pas honorer la divinité comme il se doit, d’être asservi tantôt aux uns, tantôt aux autres » 3)Monstruosité d’un culte barbare. Celui-ci, caractérisé par l’adoration d’une tête d’âne en os, et le meurtre rituel d’un étranger, grec de préférence. Je cite « ils conduisaient l’homme dans une certaine forêt. Ils sacrifiaient son corps suivant leurs rites, sortaient ses entrailles, et juraient en immolant le grec, de rester les ennemis des grecs. » 4)Accusation de stérilité. Je cite « il n’a pas produit d’homme digne d’admiration, qui, par exemple, ait innové dans les arts ou excellé dans la sagesse comme Socrate, Zenon, et lui-même »( il se cite !) En résumé l’antisémitisme grec s’est structuré à mesure que le judaisme se montrait partout agissant et attirant, pour exemple : la généralisation de la pratique du Sabbat. A Rome, les premières relations qui se nouent dès 161, sont d’abord de bon voisinage, mais les choses se gâtent. En moins 63 Pompée prend Jerusalem, et commence alors un état de tutelle. Notons toutefois, la reconnaissance de César, qui, sauvé des troupes d’ Antipater par la diaspora, instaurera une grande charte qui fera de la religion juive la seule religion licite hors du culte officiel. Dans ce respect des rites, notons celui de l’exemption de comparaître en justice, un jour de sabbat. Ses successeurs Antoine et Octave nommeront roi le fils d’ Antipater : Hérode le Grand. Puis de ce statut privilégié, vient une période de luttes meurtrières de 37 à 138 après JC. Deux guerres d’indépendance_ celle de 66 à 70, qui se termine par la destruction du temple par Titus_ et celle de 132 à 135, suite aux répessions religieuses de l’empereur Hadrien. Le judaisme subsiste-t-il après 135 ? Certes, si c’est la fin du royaume de Judée, le judaisme palestinien est toujours aussi ardent. La preuve : la rédaction de la Mischna et la rédaction du Talmud. Observons que de manière paradoxale, l’édit de Caracalla donnera en 212 la citoyenneté romaine à tous les hommes libres, y compris les juifs. De cette période latine, les juifs auront moins fait figure de victimes que de combattants. Notons que l’usure, la soif de l’argent, ne seront pas un reproche. Les hauts personnages de l’état romain, pratiquant eux-mêmes l’usure.
Pour conclure : Rome, comme Alexandrie, en voudra surtout aux juifs d’être indomptables, mais ne leur fait grief, ni de leur richesse, ni de leur ethnie. Le troisième étant celui des grandes persécutions chrétiennes, leur anti-judaisme tendra à diminuer. Entre l’antisémitisme paien et le chrétien qui va le relayer à partir du quatrième siècle, il y a beaucoup de différences que d’analogies. Le dernier est au service d’une théologie et nourri par elle. Hors, celui des paiens est un ensemble de réactions spontanées et sporadiques. Les chrétiens poursuivent un but très précis : rendre les juifs odieux. Pour ce faire, il va inventer un statut particulier, et un système d’avillissement.
C’est la porte ouverte au génocide racial. A Suivre...