Chers amis, C’est avec joie et émotion que je remercie Guershon d’avoir organisé avec toute son équipe et André Added ce brillant colloque consacré à la place des Juifs noirs en France avec de très éminents intervenants.Je salue par ailleurs parmi tous mes amis ici présents, Abdoulaye Barro et Moïse Rahmani. Cher Guershon, je te renouvelle toute mon amitié car je te connais depuis plusieurs années et je peux témoigner de la sincérité de tes engagements. C’est à double titre que je souhaitais être présent, comme président de la plus ancienne association humanitaire juive, le B’nai B’rith et comme membre d’une famille décimée par la Shoah.En effet, le B’nai B’rith, ONG accréditée à l’ONU depuis 1948, se bat depuis toujours contre le racisme et l’exclusion et à ce titre a participé à tous les combats pour la dignité de l’homme, que ce soit aux Etats-Unis d’Amérique contre la ségrégation raciale, que ce soit en Afrique du Sud contre l’Aparteid, ou ailleurs.A titre personnel, mon engagement vient en grande partie de la formation humaniste que j’ai reçue de mes parents confrontés à la Shoah.Je me souviendrai toujours de 2 événements racontés par ma mère, résistante déportée à Auscwitz-Birkenau et témoin du gouvernement français contre Klaus Barbie qui avait ordonné sa déportation.Lorsque ma mère est arrivée, dernier convoi n°77 venant de Drancy, à Birkenau, elle a été dirigée vers le Tsiganer Lager, camp dit des Tsiganes, ainsi dénommé car les derniers tsiganes présents avaient été exterminés pour laisser la place à ce convoi juif. Mon épouse et moi-même avons d’ailleurs tenu à avoir un orchestre tsigane à notre mariage.Le 2ème événement confié par ma mère est sa rencontre avec son meilleur ami noir au retour de la déportation et qui lui avait dit :" chère Régine, la différence entre toi et moi, c’est qu’on verra toujours que je suis noir".On est aussi soit-même chaînon d’une transmission d’une génération à l’autre en espérant que la prochaine sera plus chaleureuse et plus généreuse que la précédente.
Merci