Un marché du travail discriminant
Quelle chance ont les Juifs noirs et les ultra-orthodoxes (haredim) de trouver du travail à la fin de leurs études ? Selon une étude de la faculté de Kiryat Ono, la réponse est : très faible.
L’étude a sondé une douzaine d’employeurs et d’employés potentiels de secteurs tels que la banque, la publicité, les medias, le secteur public et le secteur juridique. Elle a ainsi montré que la plupart des employeurs se disent hésitants pour embaucher des Ethiopiens et des haredim , même s’ils présentent des qualifications suffisantes pour l’emploi. Les résultats montrent que les employeurs hésitent pour 58 % des haredim et 53 % des juifs noirs.
L’étude a également montré que le monde du travail réservait à ces groupes peu d’opportunités d’ascensions professionnelles, puisque 86 % des employeurs rechignent à accorder des promotions aux ultra-orthodoxes et 70 % aux juifs noirs.
Les secteurs les plus discriminants semblent être la télévision et le monde de la publicité. Le secteur des banques et de la finance accueille petit à petit des haredim - même si cela se limite à des positions subalternes. Mais ces emplois restent complètement hermétiques aux Ethiopiens.
Ce rapport constitue la première étude officielle consistant à vérifier si une forme de "rêve américain" peut être transposée dans la société israélienne. Les chercheurs ont étudié les raisons de l’exclusion de ces groupes dans ces secteurs spécifiques et ont proposé des solutions pour y remédier.
"Nous aimons penser que nous sommes une société ouverte et multiculturelle, mais les données prouvent que nous avons encore beaucoup à faire concernant l’égalité des chances", a déclaré Moshé Karif qui a dirigé les recherches. Il ajoute : "Les résultats de l’enquête sont peu flatteurs mais nous devons les regarder de près."
L’étude a été présentée mardi au gouvernement et à des patrons de grandes entreprises. Karif admet qu’il est trop tôt pour imaginer des mesures concrètes comme celles de la discrimination positive ou la méthode des quotas.
Parmi les recommandations faites par l’étude figure une demande adressée au secteur public d’ouvrir leurs portes aux populations discriminées. Le gouvernement pourrait également exiger l’égalité des chances dans les entreprises publiques comme la télévision et le marché des medias. Le rapport presse également le secteur privé de mettre en place des forums dédiés à l’intégration des minorités.