Dans un domaine où la connaissance de l’autre tatonne encore, il est aisé pour tout défenseur d’une opinion isolée de se poser en non-conformiste. Dans le judaisme, il est dit que l’homme est l’ennemi de ce qu’il ignore. Le juif aujourd’hui ignore la question juive noire en France.
Généralement, quand un sujet pose problème dans notre communauté, on promène un micro dans la rue et colloctionne des avis de dix ou quinze personnes souvent prises à froid ou on fait venir un contemporain devant une caméra et on essaie de le faire parler avec empressement.
Le vivre-ensemble ne s’acquiert que par une reflexion qui met en question ce que beaucoup ont admis par routine ou par peur. Il ne se construit pas selon les humeurs du jour.
Après avoir longtemps méconnu et rejété la réalité juive noire en France au sein du paysage communautaire, nous voici ,la fraternité judeo noire.
Notre but n’est pas d’établir un requisitoire mais de montrer et d’expliquer une réalité des juifs noirs en France, aux USA et ailleurs.
La reconfiguration de l’espace identitaire juif en France implique la remise en question d’un certain nombre des certitudes cad sortir du système binaire sepharade-ashkénaze. Ceci est une condition qui nous parait mettre un terme aux "MINHAGIMS" construit sur une fausse
homogenéité communautaire. Une identité qui a enfermé les uns et les autres dans des guethos où ils se sentent à l’aise qu’entre eux.
Un monde où les échanges des uns et des autres nous apparaissent comme une chose inconnue. Daffina, Gefilte-Fish, shakshuka...
Cette dualité joue de l’histoire juive et se nourrit de minhagims(coutumes), ainsi ce duel a traversé de siècles pour s’enkyster
dans l’inconscient de tout juif (y compris ceux qui ne rentrent dans aucune de deux catégories majoritaires) sans oublier
ceux venus d’ailleurs comme moi.Voyez les institutions juives actuelles - le CRIF, les Consistoires et le FSJU-AUJF -, ceux qui sont représentés ont des yeux bleus ou marron, et des cheveux lisses, et non crépus.
Dans un deuxième temps, on remarquera que pour la première fois, ce responsable influent, en appelant la communauté juive française à plus de tolérance, semble s’inquiéter d’une tendance d’une partie de cette communauté à vouloir s’exclure de la société française, à se marginaliser. Sans doute, est-il en train de lancer un début de réflexion sur un sujet qui préoccupe bon nombre d’observateurs du monde juif.
La communauté juive se met en mal par ses membres face des traitements inhumains infligés à tant de ses membres non sepharade et non-ashkenaze
Elle devrait se rendre compte que par son indifference, elle expédie les discriminations comme une affaire courante. Nous ne devons pas fermer
les yeux devant ce qui ne va pas mais nous interroger sur les causes et les raisons de cette situation.