« Des prisonniers polonais travailleront bénévolement à la rénovation et à l’entretien des cimetières juifs abandonnés dans différentes régions de Pologne, a indiqué un porte-parole de la direction nationale des prisons, Ireneusz Mucha. La direction des prisons a conclu à cet effet un accord avec une fondation de protection du patrimoine juif en Pologne, qui estime à plus d’un millier le nombre d’anciens cimetières nécessitant des travaux. Pendant plusieurs siècles, la Pologne fut la terre d’accueil de la plus grande communauté juive en Europe. Quasiment anéantie par l’Allemagne nazie durant la shoa, cette communauté représentait avant 1939 quelque 3,5 millions de personnes, soit 10% de la population polonaise. Aujourd’hui, entre 3 500 et 5 000 Juifs vivent dans ce pays de 38 millions d’habitants, catholiques à plus de 90%.
« Les travaux, bénévoles et non rémunérés, seront organisés en accord avec les administrations ou les communautés juives locales. Les avantages seront réciproques, car la fondation organisera pour les détenus des cours d’histoire et de tolérance », a déclaré Mucha. Le programme doit être réalisé par une quinzaine de pénitenciers à travers la Pologne. « Les prisonniers sont très intéressés par ce travail et nous pensons qu’il va contribuer à leur réinsertion sociale », a ajouté Mucha. »
Abjecte, dégoûtante, cette information. Au déclin de populations juives, doit-on ajouter le déclin de ses valeurs morales ?
A force de fréquenter les bourreaux, les juifs polonais les seraient-ils devenus inconsciemment ?
Les morts ont un sens profond dans le judaisme, et doivent garder toutes leurs solennités. On ne joue pas avec la mémoire. On ne manipule pas notre rapport à l’histoire de la shoa.
Quels besoins les autorités juives de pologne avaient-elles à adhérer à ce dispositif. Quel besoin de bafouer la mémoire du peuple juif ?
Les temps ont une utilité et ont un sens. Ils sont là pour nous rappeler notre histoire, en particulier ses aspects les plus douloureux, et pour nous éclairer sur les chemins à prendre, les écueils à éviter, les choix à faire pour l’avenir.
Accepter cet accord c’est vouloir accréditer que la shoa peut faire objet de marchandage, surtout pour les prisonniers polonais, qui risque à travers ces gestes,excuser cette monstruosité.
La shoa est un fait historique et cette affaire nous laisse un goût amer.
Imposer le devoir de mémoire à des prisonniers, n’est-il pas le meilleur moyen de provoquer la délegitimation. C’est irréfléchi, démagogique,injuste, arbitraire.
C’est par l’appel à l’intelligence qu’on peut ancrer profondément en chacun l’importance du souvenir pour que cela ne se reproduise pas.
Le travail de fond est nécessaire pour les polonais eux-mêmes, afin qu’ils trouvent le moyen de se réconcilier avec leur propre passé souvent oublié ou travesti.