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jeudi 9 septembre 2010
 
Les valeurs de FJN

 

L’épistémologie de la « reconnaissance » ...
Par Guershon Nduwa

 

La communauté juive de France ne voit pas les juifs noirs. Elle ne les voit pas en détail. Ne pas voir les juifs noirs en détail signifie voir dans leur présence un obstacle ou une limitation quelconque à la conduite de la communauté. On attend également que les juifs noirs fournissent l’effort nécessaire pour que leurs coreligionnaires les ignorent aisément et en toute sécurité. On attend d’eux qu’ils affichent un regard sans expression, dépourvu de tout intérêt pour ce qui est en train de se passer ; c’est-à-dire qu’ils agissent comme s’ils ne voyaient rien, afin que leur regard ne gêne personne.Telles sont les instructions de responsables communautaires à l’encontre de nouveaux curieux. La communauté ne passe pas nécessairement par le pluriel pour définir le groupe.

En réalité, le processus évolutif de la communauté juive de France est loin d’être linéaire. Dans cette évolution non linéaire, le véritable problème provient de celui de la reconnaissance de l’autre et non seulement de soi. Seulement cet autre est rare, pour ne pas dire inexistant dans la communauté.

Les juifs noirs de France ne parviendront à se définir vraiment qu’au moment de la reconnaissance de leur existence ou de son équivalent.
 Car du point de vue identitaire, les juifs noirs ne veulent pas vivre dans le regard de l’autre, car seulement cet autre est rare, pour ne pas dire inexistant dans la société.

Le juif noirne veut se définit donc à travers la reconnaissance de l’autre. comme si l’autre l’aiderait par son existence. Mais cette existence n’est pas d’ordre social. parce qu’il met en présence des « légitimes » et des « illégitimes », nous ne cherchons pas à filer ici la métaphore de l’exclusion , mais parce que, outre ce point sur l’invisibilité des juifs noirs comme expérience morale négative, la situation ici décrite ne va pas sans ego, ego qui se transforme à travers l’alter ego sans passer par l’ensemble social que prévoit la coutume . Il vit donc hors équilibre et c’est pour cette raison qu’il existe communauté et créativité.

Le juif noir représente en réalité un obstacle qui doit être dépassé afin d’atteindre après cette difficulté interne, la réalité globale de la communauté juive de France. Voilà l’objectif des singularités pour réaliser l’unité dont les responsables communautaires doivent produire un impact sur cette communauté.

 
 
Publié le jeudi 25 juin 2009

 
 
 
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