Lachon Ha Ra’(le racisme),Médisance et Nous
La paracha Be ’ha lote’ha lu shabbat dernier nous rapporte qu’un jour, Myriam critiqua Moïse en présence de leur frère Aaron, et Dieu lui envoya la lèpre en punition !
Quelle est la nature exacte de la faute de Myriam ? Pourquoi Dieu est-il si sévère ? La Tora dit : « Vatdeaber Miryam veAaharon beMoché al odot ha-icha hakouchit acher lakach ki icha kouchit lakach ». Soit : « Myriam et Aaron médirent de Moïse à cause de la femme kouchit qu’il avait épousée car il avait épousé une kouchi. »
L’histoire de la femme de Moïse est un enseignement sur ce que D.ieu pense de la discrimination à l’égard d’un individu en ce qui concerne sa race, son ethnie
Nos sages nous apprennent que le racisme met en danger au moins trois personnes : celle qui le dit, celle qui écoute et celle dont on parle. Pourquoi en danger ? Car sur ces trois personnes est alors attiré le jugement divin ; or, sommes-nous irréprochables pour braquer sur nous le projecteur ?
Que signifie kouchit ?
Le mot est souvent traduit en français par « éthiopienne ». Pourtant la femme n’est pas Ethiopienne mais Midianite.
Dans plus de 2000 ans, un grand commentateur nommé Rachi vous expliquera que kouchit signifie BELLE.
Car, en effet, Tsipora est très belle ! » Myriam est-elle donc jalouse de la beauté de Tsipora ? Non !
"Lisez le Midrach et vous comprendrez que Tsipora a confié à Myriam un secret concernant notre relation.
En effet, j’ai été obligé de délaisser mon épouse pour pouvoir recevoir la parole de D.ieu à tout moment."
On peut comprendre que Myriam soit choquée d’apprendre cette séparation mais elle n’a pas le droit de se
mêler de ma vie privée et encore moins de la divulguer. Croit-elle vraiment que j’agis par orgueil ?
Myriam a deux ans de plus que Moché. C’est elle qui l’a sauvé des eaux alors bébé dans son berceau.
Elle pensait pouvoir s’adjuger le droit de le considérer comme tout autre prophète, se comparant à lui dans les rapports avec D.
Il s’était en effet séparé de sa femme Tsipora. Nul autre prophète ne trouvait la nécessité d’arriver à cette extrémité.
Myriam s’est donnée un rôle que personne ne lui a attribué. Ce n’est pas à proprement parler un délit d’opinion.
Et pourtant, elle fut punie très sévèrement. Elle reste un exemple pour tout un chacun qui ose se permettre de parler,
critiquer, donner son avis sans vergogne. La médisance est définie souvent comme un mal contre autrui pour réduire son
importance et le déconsidérer aux yeux de ses semblables. Le racisme peut aussi toucher ce phénomène de la liberté d’opinion qui crée des
justiciers à tous coins de rue et des faiseurs de sondages, base des pays dits démocratiques.
Or, la plupart d’entre nous ne savent pas que le acisme sur autrui, même s’il reflète la réalité est
condamnable : dans ce domaine le mauvais penchant est très fort, et c’est à chacun de nous de chercher
ce qui nous empêche de maîtriser notre langue, organe présomptueux. Les causes du racisme sont l’orgueil, le laisser- aller, la colère,
la moquerie, et souvent le manque de confiance à D.ieu nous amène à nous plaindre et donc à médire.
Pourtant, il sera de notre devoir d’intervenir si l’on entend dénigrer autrui pour prendre la défense
de la victime ; car ici, un silence sera compris comme approbation et le médisant ira de plus belle.
A SUIVRE