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jeudi 9 septembre 2010
 

 

Les B’nei ménaché ou les autres Juifs noirs.......
By Rav Eliahu Avihaïl. (Israël)

 

Environ 1200 Bné Menashé, descendants de la tribu de Menashé, sont aujourd’hui Israéliens, explique le rav Eliahou Avihail, créateur, en 1975, de l’association Amishav « Mon peuple est revenu. » Ils habitent, notamment, Ofra, Beth El ou aux environs d’Afoula, Beaucoup d’entre eux ont vécu dans le Goush Kativ, où certains ont même créé des serres, jusqu’à l’évacuation de celui-ci, et, avec d’autres « évacués »  habitent à présent Nitzan.  Des jeunes sont à l’armée, d’autres étudient en Yeshiva, et la plupart ont un emploi.

 Ne pouvant être parmi nous aujourd’hui, le rav Eliahou Avihail nous a raconté, et chargés de vous l’évoquer à sa place, cette extraordinaire histoire : « L’association a été créée, souligne-t-il, à l’instigation du Rav Zwi Yehouda Cook, Roch Yechiva de la Yechiva Merkaz Harav, à Jérusalem, en se donnant pour but de faire revenir, symboliquement, les descendants des « dix tribus perdues », exilées par les Assyriens, environ 135 ans avant la destruction du Premier Temple, dans les régions aujourd’hui dénommées l’Afghanistan, le Kurdistan, le Pakistan, la Birmanie, la Chine etc. Les Bné Menashé  vivent, aux confins de l’Inde, dans les Etats de Manipour et Mizoram, et sont au nombre d’environ un million et demi.

  Mais  pourquoi s’être attaché à faire revenir, précisément, les Bné Menashé ? Leur retour, explique le Rav Avihaïl, Assyriens, est annoncé par les Prophètes, promis dans le Midrash et dans les Psaumes. « Je m’intéressais de longue date, se souvient-il, à l’histoire des dix tribus. Et puis, alors que j’étais encore enseignant dans un lycée, il m’est arrivé une lettre disant : ‘Nous sommes des Juifs du Nord-Est de l’Inde’, et j’ai correspondu avec eux. »

 Mais comment peut-on savoir que tel ou tel groupe humain a bien des origines juives, après tant de siècles, voire de millénaires, où il a perdu tout contact avec le peuple juif, voire a adopté, de gré mais souvent de force, une autre religion ?

Dans le cas des Bné Menashé, convertis de force à l’Islam puis, il y a environ 150 ans, au christianisme, le maintien d’un ensemble de coutumes juives, datant de l’époque  biblique, se révèle particulièrement frappant. Par exemple : ils pratiquent la circoncision à huit jours, ont des Cohanim et des « villes de refuge »-sous forme, parfois, d’une pièce dans la maison du chef d’un village - s’interdisent de consommer le sang d’un animal, connaissent le jubilé, qui s’accompagne d’une redistribution des terres, ils chantent des chants célébrant la sortie d’Egypte.

Dans les années 1980, des Bné Menashé, conscients de leurs origines et désireux de retourner en Eretz Israël, avaient envoyé des émissaires à Bombay et Calcutta afin de nouer des contacts avec des Juifs et étudier le judaïsme. Des enfants ont été envoyés dans les écoles de l’ORT.

 C’est à Bombay et Calcutta qu’Eliahou Avihail a pu rencontrer pour la première fois, directement, des Bné Menashé. Il n’avait pas reçu l’autorisation de se rendre dans ces provinces éloignées de Mizoram et Manipour. L’autorisation fut enfin accordée en 1991 – et l’accueil, comme en témoigne un film, fut extraordinairement émouvant et chaleureux.  

 Puis ils sont venus, par petits groupes. Etape obligatoire : la conversion au judaïsme, en bonne et due forme. Il n’y a eu aucun problème, souligne le rav Avihaïl, avec le rabbinat d’Israël. Mais des difficultés ont surgi, curieusement, au niveau du Ministère de l’Intérieur.

 L’installation s’est faite, avec l’aide du rav Avihaïl et de l’association Amishav, dans des villages religieux, des yechivot pour les garçons, des Oulpena pour les filles, des écoles professionnelles. Un groupe a vécu au kibboutz Bérot Yitzhak pour se préparer à la conversion. Certains ont étudié au Machon Lev, d’autres à l’Université. Car, bien entendu, ils ont appris l’hébreu. Ils étudient, travaillent- au Goush Kativ, ils ont notamment excellé dans le secteur des fruits et légumes-  font leur service militaire, et, cela va de soi, des mariages sont célébrés entre jeunes Bné Menashé et Israéliens d’autres origines.

 

 
 
Publié le jeudi 10 septembre 2009
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