Israël n’est pas un pays du droit du Sang mais droit du Sol...
Le 1er novembre, 1 200 enfants des parents immigrés "illégaux", pourtant nés en Israël, pourraient être expulsés du pays. Des organismes sociaux et des hommes politiques se mobilisent néanmoins pour empêcher leur déplacement.
Dans un communiqué de presse, un groupe d’individus se présentant comme des "citoyens concernés" explique que "si la société israélienne n’agit pas, d’ici la fin du mois, ces enfants seront arrachés de leur domicile et transférés dans un pays étranger qu’ils ne connaissent pas et dont ils ne parlent pas la langue".
En août dernier, face à une farouche résistance du public, le Premier ministre Binyamin Netanyahou avait annoncé qu’il suspendait l’expulsion d’enfants nés en Israël de travailleurs étrangers.
Entre-temps, le forum Oz - constitué des ministres de l’Intérieur, de la Justice et des Finances - était censé se réunir pour trouver des solutions permanentes à ces enfants. En deux mois et demi, les ministres se seraient rencontrés quatre fois, si l’on en croit le porte-parole du ministère de l’Intérieur. Une seule fois aux dires des organisations sociales.
Le ministre de l’Education Gideon Saar s’oppose pour sa part à l’expulsion d’enfants qui "aiment Israël", fréquentent des écoles israéliennes et parlent hébreu. "Leur identité est israélienne", dit-il.
Saar comprend cependant l’inquiétude du gouvernement sur le nombre croissant d’enfants d’immigrants - le travail illégal pouvant "poser une menace sociale et financière à la société israélienne". Mais il craint que ces expulsions ne portent préjudice à l’image d’Israël.
Le mouvement "Enfants israéliens" organise de son côté une campagne de sensibilisation pour annuler les expulsions.
Parmi elles, une exposition à la galerie d’art Golconda à Tel-Aviv : des photos d’enfants qui attendent d’être expulsés et portent une carte d’identité indiquant leurs nom, passe-temps, ainsi que leurs rêves et leurs craintes.
Le ministre en charge des Minorités Avishaï Braverman (parti travailliste) et le député Nitsan Horowitz (Meretz) s’exprimeront en public au vernissage de l’exposition.
D’autres activités culturelles liées à la vie des travailleurs étrangers en Israël sont prévues, comme la diffusion du film d’Amikam Goldman "Appel à longue distance", une lecture de poésie par Ronny Someck et une exposition de photos d’Amos Halfon sur une travailleuse philippine et son fils de 6 ans.